Construire une pergola en bois est un chantier à la portée d’un bricoleur équipé, à condition de soigner trois points : la conception, les fondations et le contreventement. Le reste relève surtout de la précision et de la patience, et si vous préférez le métal, comparez avec les pergolas en fer forgé pour terrasse. Voici la marche à suivre, du plan au dernier coup de lasure, la même logique que pour fabriquer une volière en bois.
Comment faire une pergola en bois soi-même : la méthode en bref
Pour une pergola en bois faite maison de 3 × 4 m, comptez 4 poteaux (parfois 6 si vous voulez des appuis intermédiaires), 6 à 10 chevrons, 8 à 12 aisseliers et entre 0,4 et 0,9 m³ de bois selon la conception. Le chantier se déroule toujours dans le même ordre :
- Vérifier les règles d’urbanisme et tracer l’emplacement au sol.
- Réaliser les fondations (plots béton) et poser les platines d’ancrage.
- Dresser les poteaux, d’aplomb, puis fixer les aisseliers.
- Poser les poutres porteuses sur les poteaux.
- Installer les chevrons, puis les lattes transversales.
- Appliquer la lasure et prévoir l’entretien du bois.
Comptez deux week-ends pour deux personnes, plus le temps de séchage du béton. Sans aide, le levage des poutres reste le moment délicat : mieux vaut être au moins deux.
5 m² et 20 m² : les deux seuils à connaître
En France, une pergola dont l’emprise au sol dépasse 5 m² demande en général une déclaration préalable de travaux, et un permis de construire peut être exigé au-delà de 20 m². Le plan local d’urbanisme de votre commune peut durcir ces règles (zone protégée, distance aux limites séparatives). Un appel ou une visite en mairie avant d’acheter le bois évite bien des ennuis.
Matériel, outils et choix du bois
Pour fabriquer une pergola, le choix de l’essence compte autant que la conception. Le douglas purgé d’aubier offre un bon compromis entre tenue, disponibilité et prix, tout comme le pin traité en autoclave. Le mélèze et le cèdre résistent bien naturellement, mais leur budget grimpe vite. Pour des pièces exposées à l’humidité, visez la classe d’emploi 3 au minimum, et la classe 4 dès qu’un contact avec le sol ne peut pas être évité. Préférez un bois raboté, plus agréable à manipuler et moins sujet aux échardes.
Côté outillage, vous aurez besoin d’une scie circulaire (ou d’une scie à onglet) pour les coupes, d’une perceuse-visseuse, d’un niveau à bulle, d’un cordeau, d’un mètre et de serre-joints. La visserie doit rester dans le même esprit que le bois : vis inox ou vis galvanisées à haute protection, tiges filetées et équerres de fixation adaptées à l’extérieur. Une visserie ordinaire rouille en deux hivers et laisse des traces noires sur le bois.
Liste de coupe pour une pergola de 3 × 4 m
Ce tableau donne un exemple de structure autoportante. Adaptez les sections à votre essence et à la couverture prévue (une toile pèse bien moins qu’une couverture en polycarbonate).
| Pièce | Section | Quantité | Longueur |
|---|---|---|---|
| Poteaux | 100 × 100 mm | 4 | 2,60 m |
| Poutres porteuses | 75 × 150 mm | 2 | 4,20 m |
| Chevrons | 50 × 100 mm | 9 (entraxe 50 cm) | 3,40 m |
| Aisseliers | 45 × 90 mm | 8 | 0,70 m, coupés à 45° |
| Lattes | 22 × 45 mm | 12 (entraxe 30 cm) | 4,20 m |
Ce chiffrage représente environ 0,45 m³ de bois. Selon l’essence et le fournisseur, le bois coûte généralement entre 400 et 900 €, auxquels s’ajoutent 100 à 200 € de béton, de platines et de visserie, puis une cinquantaine d’euros de lasure. Prévoyez donc un budget de 600 à 1 200 € pour cette dimension.
Implantation, dimensions et fondations

Commencez par piqueter les quatre angles, puis tendez un cordeau. Pour un rectangle parfait, mesurez les deux diagonales : elles doivent être strictement égales. Cette vérification de deux minutes évite une pergola légèrement en trapèze, impossible à rattraper ensuite. Prévoyez une hauteur sous poutre d’au moins 2,20 m, et pensez à l’orientation : une façade sud profite de la lumière mais réclame de l’ombre, donc une couverture ou des plantes grimpantes.
Les fondations déterminent la durée de vie de la structure. Creusez quatre trous d’environ 40 cm de côté et 60 à 80 cm de profondeur (jusqu’à la profondeur hors gel de votre région), remplissez-les de béton et noyez-y une platine d’ancrage réglable ou une tige filetée. Sur une dalle existante, des platines chevillées suffisent. Laissez le béton durcir plusieurs jours avant de charger les plots béton.
Poteau enterré : l’erreur qui fait pourrir le pied en quelques saisons
Sceller directement un poteau en bois dans le béton emprisonne l’humidité. Laissez toujours 5 à 10 cm entre le bas du bois et le sol, en passant par une platine surélevée, et protégez le pied du poteau par une coupe franche traitée.
Montage des poteaux, poutres et chevrons
Fixez d’abord les poteaux sur leurs platines avec des boulons ou des vis inox, en les maintenant d’aplomb à l’aide de tasseaux provisoires et du niveau à bulle. Contrôlez l’aplomb sur deux faces adjacentes avant de serrer. Ajustez ensuite la hauteur de chaque poteau au même repère, avec un niveau laser ou un tuyau transparent rempli d’eau.
Posez les aisseliers à 45° entre le poteau et la poutre : ils assurent le contreventement et empêchent la pergola de se déformer sous le vent. Deux aisseliers par poteau donnent une rigidité très correcte pour cette taille. Montez ensuite les poutres sur les poteaux (entaillées en about ou posées sur des sabots), puis boulonnez-les avec des tiges filetées plutôt que de simples vis, qui n’auraient pas la même tenue dans le temps.
Les chevrons viennent se poser sur les poutres, avec un débord de 20 cm de chaque côté. Espacez-les de 50 cm, fixez-les par des équerres de fixation ou en les vissant en biais, puis traitez les extrémités coupées. Les lattes se vissent en dernier, perpendiculairement aux chevrons, avec un entraxe de 30 cm environ pour un ombrage léger. Si vous prévoyez une toile ou du polycarbonate, adaptez cet espacement à la notice du fabricant.
Finition, entretien et démarches administratives

Une fois la structure terminée, ponçage léger des arêtes puis application de deux couches de lasure, l’une en imprégnation, l’autre en finition. Traitez en priorité les têtes de poteaux, les extrémités des chevrons et les zones d’assemblage, là où l’eau s’infiltre. Une lasure incolore garde le bois naturel, une lasure teintée protège mieux contre les UV, un choix qui vaut aussi pour un brise-vue en bois pour balcon.
Côté entretien du bois, comptez un nettoyage annuel à l’eau et à la brosse, puis une nouvelle couche de lasure tous les deux à trois ans selon l’exposition. Contrôlez régulièrement les vis et les boulons, qui se desserrent avec les variations de température.
Si votre pergola dépasse 5 m², déposez la déclaration préalable avant le début du chantier et attendez la décision de la mairie. Les délais d’instruction courent généralement sur un mois. Vous éviterez ainsi toute mise en conformité imposée après coup, voire une demande de démolition.





