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Quel disjoncteur chauffe-eau 16 ou 20 A choisir selon la puissance ?

Tableau électrique gris avec interrupteur bleu fixé sur rail

Entre un disjoncteur 16 A et un disjoncteur 20 A, le bon choix dépend de la puissance du chauffe-eau électrique et de la section du câble qui l’alimente, pas du volume du ballon. Un calibre trop faible fait disjoncter l’installation, un calibre trop élevé laisse un câble sans protection réelle. Voici comment trancher en quelques minutes.

16 A ou 20 A : la réponse selon la puissance du chauffe-eau

Le calcul de base tient en une ligne : l’intensité en ampères est égale à la puissance en watts divisée par la tension. En monophasé, la tension est de 230 V, donc I = P / 230. Un cumulus de 3 000 W absorbe ainsi environ 13 A, ce qui laisse une marge confortable sous un calibre de 16 A ou de 20 A.

Puissance en watts Intensité à 230 V Calibre du disjoncteur Section de câble
1 500 W 6,5 A 16 A 1,5 mm²
2 000 W 8,7 A 16 A 1,5 mm²
3 000 W 13 A 16 A (ou 20 A) 1,5 mm² (ou 2,5 mm²)
3 600 W 15,7 A 20 A 2,5 mm²
4 500 W 19,6 A 20 A 2,5 mm²

En pratique, jusqu’à environ 3 600 W, le disjoncteur 16 A suffit sur un câble de 1,5 mm². Au-delà, le disjoncteur 20 A s’impose avec du 2,5 mm². Beaucoup d’installateurs posent d’office du 20 A et du 2,5 mm² sur les circuits neufs, car cela couvre tous les ballons courants et laisse la place à un futur remplacement par un modèle plus puissant.

Où trouver la puissance réelle de son appareil

La valeur à utiliser figure sur la plaque signalétique, collée sur le ballon ou près des raccords, et répétée dans la notice. Elle est exprimée en watts, parfois avec la tension (230 V monophasé). Un chauffe-eau de 200 litres peut très bien afficher 2 200 W, quand un 100 litres en affiche 2 400 W : le volume ne dit rien de l’ampérage.

Pour un chauffe-eau thermodynamique, regardez la puissance de l’appoint électrique et celle de la pompe à chaleur. C’est la notice du fabricant qui indique le calibre à retenir, parfois avec un circuit et un disjoncteur dédiés.

Calibre, section de câble et norme NF C 15-100

Electricien vissant un disjoncteur dans un tableau electrique

La norme NF C 15-100 fixe une règle simple : le calibre du disjoncteur est lié à la section du conducteur qu’il protège. Le disjoncteur 16 A va avec du 1,5 mm², le disjoncteur 20 A avec du 2,5 mm². Le chauffe-eau doit aussi disposer d’un circuit spécialisé, c’est-à-dire d’une ligne qui ne dessert que lui, avec son propre départ au tableau électrique.

20 A sur du 1,5 mm² : l’erreur qui fait chauffer le câble

Remplacer un 16 A par un 20 A pour éviter les disjonctions ne règle rien si la ligne est en 1,5 mm². Le câble supporte alors un courant supérieur à ce pour quoi il est prévu, sans que le disjoncteur ne réagisse. Si le 20 A est nécessaire, c’est toute la ligne qu’il faut changer.

Le disjoncteur seul ne suffit pas. L’ensemble doit être protégé par un interrupteur différentiel de 30 mA, souvent de type A sur les tableaux récents. Le type A détecte aussi les courants de défaut à composante continue, utile avec les appareils munis d’électronique, comme certains chauffe-eau thermodynamiques. Là encore, la notice de l’appareil fait foi.

Pourquoi deux disjoncteurs pour un chauffe-eau ?

Beaucoup de tableaux comportent deux disjoncteurs dédiés au chauffe-eau, ce qui intrigue. Le premier, de 16 A ou 20 A, protège le circuit de puissance qui alimente la résistance. Le second, un disjoncteur 2A, protège le circuit de commande du contacteur heures creuses.

Le contacteur est le relais qui coupe l’alimentation du cumulus en journée et la rétablit pendant les heures creuses, sur ordre du compteur (pour le détail, voir le fonctionnement d’un contacteur jour nuit). Sa bobine reçoit un signal de faible intensité, d’où ce petit calibre de 2 A. Il se repère facilement : il est placé sur la même rangée que le contacteur, souvent juste à côté, et ne ressemble pas aux autres départs. Si ce 2 A est coupé, le chauffe-eau reste froid, car le contacteur n’est plus piloté.

La marche forcée, c’est-à-dire le basculement du contacteur en position manuelle, permet de chauffer l’eau en journée sans attendre les heures creuses, et si votre appareil ne fonctionne qu’ainsi, consultez le diagnostic d’un chauffe-eau en marche forcée. Elle ne modifie pas le calibre à choisir, mais elle fait fonctionner la résistance en continu, ce qui compte lors d’un dépannage.

Chauffe-eau qui fait disjoncter : les causes à vérifier

Avant de changer de calibre, identifiez ce qui saute : le disjoncteur ou l’interrupteur différentiel. Si c’est le disjoncteur, le courant dépasse ce que le circuit peut supporter. Si c’est le différentiel, il y a une fuite vers la terre. Les deux pannes n’ont pas la même origine.

Les causes les plus fréquentes sont les suivantes :

  • une résistance entartrée ou en court-circuit, souvent responsable d’une disjonction dès la mise en chauffe ;
  • un thermostat défaillant ou des bornes de raccordement oxydées ;
  • un calibre sous-dimensionné par rapport à la puissance en watts de l’appareil ;
  • de l’humidité dans le capot électrique ou un câble abîmé ;
  • un disjoncteur vieillissant, qui se déclenche avant sa limite.

Pour tester, coupez le disjoncteur du cumulus, réarmez le différentiel, puis remettez le circuit du chauffe-eau sous tension. Si la disjonction revient immédiatement, ne réarmez pas en boucle : la résistance ou le câblage est probablement en cause. Un appareil qui disjoncte à chaque cycle de chauffe peut être entartré, un remplacement de résistance règle souvent le problème.

Installer soi-même ou faire appel à un électricien ?

Tableau electrique ouvert avec disjoncteurs et tournevis isole

Changer un disjoncteur à l’identique est à la portée d’un bricoleur averti, à condition de couper le disjoncteur général et de vérifier l’absence de tension. En revanche, modifier le calibre, remplacer la ligne ou toucher au contacteur relève de l’électricien. Une erreur de section ou de réglage engage la sécurité du logement et peut poser problème en cas de sinistre.

Le bon réflexe : relever la puissance sur la plaque signalétique, calculer l’intensité avec la formule I = P / 230, puis vérifier la section du câble avant de choisir le calibre. Si l’un des trois éléments ne colle pas, c’est l’avis d’un professionnel qu’il faut demander.

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Article publié par la rédaction de Brico Pourtous.

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