L’expression « déclaration de travaux » prête à confusion. Après un permis de construire, elle ne désigne pas un document unique : elle recouvre en pratique la déclaration d’ouverture de chantier (DOC) au démarrage et la déclaration d’achèvement des travaux (DAACT) à la fin. Elle se distingue aussi de la déclaration préalable, une autorisation d’urbanisme à part entière, réservée aux projets plus modestes.
Quelles déclarations faire après l’obtention d’un permis de construire ?
Une fois le permis de construire accordé, trois obligations jalonnent le projet : déclarer l’ouverture du chantier, afficher l’autorisation sur le terrain, puis déclarer l’achèvement des travaux. Chacune a son moment et son destinataire, à savoir la mairie, qui transmet au service instructeur. Le tableau ci-dessous résume l’enchaînement.
| Moment | Formalité | À qui |
|---|---|---|
| Avant les travaux | Déclaration d’ouverture de chantier (Cerfa 13407) et pose du panneau de chantier | Mairie |
| Pendant le chantier | Affichage continu du permis, respect de la durée de validité | Terrain, visible de la rue |
| Après les travaux | Déclaration d’achèvement (DAACT, Cerfa 13408) et taxe d’aménagement | Mairie, puis service des impôts |
Et la déclaration préalable ?
La déclaration préalable concerne les projets qui ne justifient pas un permis : petite extension, modification de façade, abri de jardin ou changement de destination limité. En règle générale, elle suffit entre 5 m² et 20 m² de surface de plancher ou d’emprise au sol. Au-delà de 20 m², le permis de construire devient obligatoire, avec un seuil qui peut monter à 40 m² pour une extension en zone urbaine couverte par un PLU. Un secteur protégé ou une règle locale peut tout changer, d’où l’intérêt de vérifier auprès de la mairie.
Déclarer l’ouverture du chantier avant de commencer les travaux
La déclaration d’ouverture de chantier signale à l’administration que les travaux débutent. Elle se dépose avec le formulaire Cerfa 13407, en mairie ou via le guichet numérique de la commune quand il existe. Vous la remplissez dès le commencement des travaux, c’est-à-dire dès les premiers terrassements ou fondations, pas au moment de signer le devis.
Le document est à remplir par le bénéficiaire du permis, qui y indique la date de démarrage et, le cas échéant, l’entreprise ou l’architecte chargé du chantier. Conservez toujours un récépissé de dépôt ou un accusé de réception. En cas de litige ou de contrôle, il prouve que vous avez respecté la procédure et que le délai de validité a bien été interrompu à temps.
Afficher le permis sur le terrain et respecter sa validité

L’affichage du permis est obligatoire dès l’obtention de l’autorisation et pendant toute la durée du chantier. Le panneau de chantier doit être visible depuis la voie publique, lisible, et mentionner le nom du bénéficiaire, la date et le numéro du permis, ainsi que la surface de plancher créée. Un modèle réglementaire se trouve en magasin de bricolage ou en ligne.
Cet affichage ne relève pas du détail : c’est lui qui déclenche le délai de recours des tiers. Beaucoup de propriétaires font constater leur panneau par un commissaire de justice, ce qui offre une preuve solide si un voisin conteste plus tard la date de départ du délai.
Durée de validité et prolongation du permis
Un permis de construire reste valable trois ans à compter de sa notification. Si les travaux n’ont pas démarré, ou s’ils sont interrompus plus d’un an, l’autorisation devient caduque. Vous pouvez demander une prolongation du permis, deux fois, pour un an à chaque fois, soit cinq ans au total. La demande doit arriver en mairie deux mois avant la fin de la validité, par courrier ou en ligne.
Déclarer l’achèvement des travaux et obtenir la conformité
À la fin du chantier, vous déposez la déclaration d’achèvement des travaux avec le Cerfa 13408. Elle atteste que la construction est terminée et conforme à l’autorisation accordée. Si un architecte a suivi le projet (il est obligatoire au-delà de 150 m² de surface de plancher), il peut vous aider à constituer le dossier et à joindre les attestations demandées, notamment sur l’accessibilité ou la réglementation thermique.
Le dépôt de la DAACT ouvre le contrôle de conformité. La mairie dispose de trois mois pour contester la conformité des travaux, et de cinq mois dans certains cas, par exemple en secteur protégé ou quand un récolement est obligatoire. Passé ce délai sans contestation, vous pouvez demander une attestation de non-contestation à la conformité. Ce papier est précieux pour revendre, assurer ou refinancer le bien.
Oubli de la DAACT : le piège de la revente
Sans déclaration d’achèvement, la mairie ne peut pas lancer son contrôle de conformité et le délai de contestation ne démarre jamais. Vous restez exposé à une mise en demeure, voire à une infraction urbanistique si les travaux s’écartent du permis. Un notaire ou un acheteur peut aussi exiger la régularisation avant la vente.
Délais, recours des voisins et taxes à anticiper

Avant même la déclaration d’ouverture de chantier, il faut avoir franchi l’instruction. Le délai d’instruction est de deux mois pour une maison individuelle et de trois mois pour les autres projets, contre un mois pour une déclaration préalable. Il peut s’allonger si le dossier est incomplet ou si le projet est soumis à l’avis d’un architecte des bâtiments de France. Dans certains cas, la commune prononce un sursis à statuer, qui suspend la décision lorsqu’un nouveau document d’urbanisme est en préparation.
Une fois le permis délivré, les recours des tiers restent possibles pendant deux mois à partir du premier jour d’un affichage continu et visible sur le terrain. L’administration peut elle aussi retirer une autorisation illégale dans les trois mois suivant sa délivrance. Commencer les travaux avant la fin de ces délais est possible, mais cela expose à un risque si une contestation aboutit.
La taxe d’aménagement
La construction génère une taxe d’aménagement, calculée sur la surface de plancher créée. Elle n’est plus à déclarer sur papier : après l’achèvement, vous devez déclarer vos biens sur le service « Gérer mes biens immobiliers » de impots.gouv.fr, dans les 90 jours suivant la fin des travaux. L’administration émet ensuite les avis de paiement, souvent en deux échéances.
À qui s’adresser en cas de doute ?
Votre premier interlocuteur reste la mairie, qui connaît le PLU et transmet les dossiers au service instructeur. Selon les communes, un BASU ou un service d’assistance à l’urbanisme peut aussi répondre à vos questions de procédure. Formulaires, plateformes de dépôt et délais varient d’un territoire à l’autre : un appel ou une visite avant d’agir évite de perdre plusieurs semaines sur un dossier incomplet.
En résumé, après un permis, la bonne séquence est de déclarer l’ouverture du chantier, d’afficher l’autorisation tant que les travaux durent, puis de déposer la DAACT dès la fin. Avec les récépissés conservés, vous disposez d’un dossier propre pour la conformité, la revente et la taxe d’aménagement.





